Mastering : Qu’est-ce que c’est et à quoi ça sert ?

Il y a des mots comme celui-ci qui sont un peu obscurs et c’est le cas dans tous les domaines un peu techniques. Il faut être de la partie pour comprendre de quoi il retourne. Par exemple, si je vous dis : hyperthreading, NVMe, socket, Reverse lookup… si on ne s’intéresse pas un minimum au domaine dont nous sommes en train de parler, il faut bien l’avouer, on n’y comprend rien.

Il y a alors la solution d’aller checker la définition du mot sur Wikipédia, mais pour les notions techniques, souvent, ça ouvre plus de questions que ça n’en répond. Il ne reste alors plus qu’à se tourner vers les sites ou blogs qui expliquent de manière simple, dans un langage intelligible, ces notions.

Et c’est ce que nous allons essayer de faire aujourd’hui avec le terme Mastering. Le mastering est une étape indispensable dans la réalisation musicale, et pourtant, pas grand monde ne comprend ce que ça veut dire ou bien même à quoi ça sert. Et si vous avez un goût particulier pour la musique mais que vous êtes encore débutant, c’est assez problématique. Si on parle de prise de son, ou bien de mixage, ces mots parlent d’eux même, mais il faut dire que ce n’est pas le cas pour « mastering ».

Explications

Le Mastering, c’est l’étape qui arrive en dernier quand on réalise un album. Ça se passe sur les fichiers « terminés », dans le sens où ils ont déjà été exportés, ils ne sont plus modifiables du côté du mixage, en d’autres mots, ça ne se fait pas sur les fichiers multipistes.

C’est l’étape ultime, le petit détail qui fait la différence, c’est en quelque sorte une étape de finition. Ce mastering va vous permettre par exemple, d’harmoniser la hauteur des pistes, de leur donner la même ambiance sonore, mais aussi de gérer par exemple le temps des pauses entre chaque morceau, la manière dont ces derniers s’enchainent…

Le mastering c’est un peu comme le montage d’un ordinateur, au début vous avez les composants, à la fin vous avez une unité centrale. Ou plus simplement comme une recette de cuisine ou chacun des morceaux serait un ingrédient et où l’album définitif serait le plat terminé. Un bon mastering c’est l’élément qui va donner à l’auditeur une impression de produit fini.

Le mastering va permettre, entre autres choses donc, que votre album, terminé, sonne juste quel que soit le périphérique d’écoute. Le produit final doit ressembler à ce que vous vouliez, sur des enceintes hi-fi très chers, mais aussi dans une voiture, sur des enceintes de PC un peu moyennes et sur un téléphone. C’est donc un art très complexe qui nécessite pas mal de prérequis.

En effet, pour arriver à ce résultat, le moyen le plus simple est de s’équiper de matériel le plus neutre possible. Il faut supprimer les éventuelles signatures sonores que certaines marques peuvent donner à leur matériel, afin de se rendre réellement compte de ce qu’est notre son. Une signature sonore, c’est par exemple un excès de basses, comme chez la marque Beats. La marque sait pertinemment que les basses sont trop mises en avant, mais c’est sa signature. C’est pour ça, que, suivant le style de musique écoutée, certains vont préférer une marque, et d’autres une marque différente. Dans le mastering, on cherche à tout prix à éviter cela, et c’est pour cela qu’on utilise du matériel de monitoring.

Le matériel de monitoring est cher, et le studio de mastering demande un soin en isolation sonore tout particulier. De plus, il faut quelqu’un de compétent aux manettes, avec une bonne oreille, le matériel ne faisant pas tout, comme dans beaucoup de passions d’ailleurs.

L’égalisation

On commence souvent par l’égalisation dans le mastering, c’est souvent une des premières étapes, car elle permet de pas mal dégrossir le travail. Quand vos morceaux sortent du mixage, le son est souvent un peu dissimulé, un peu mélangé. Généralement, on rajoute un peu d’aigus pour et on coupe un peu dans les extrêmes bas. Rien ne devrait être pris pour argent comptant, mais souvent on rajoute des aigus dans la plage entre 10KHz et 20KHz et on coupe ce qui est en dessous de 20Hz. De toute façon, en dessous de cette fréquence, personne n’est capable d’entendre les sons.

Ça c’est la théorie, ensuite, c’est à l’appréciation de celui qui réalisera le mastering, et c’est d’ailleurs ça qui est génial et qui fera que tous les morceaux sont différents.

Vient ensuite, le plus compliqué…

La compression

On peut faire dans la compression durant le mastering avec plusieurs outils, utilisés seuls, ou ensemble.

Le compresseur

S’il doit n’y avoir qu’une seule étape de compression, c’est celle-ci. C’est avec le plugin compresseur que l’on va limiter les pics audios. Mais attention, limiter ne veut pas dire détruire ! Le but c’est que, tout en respectant l’esprit du morceau, on ne détruise pas irrémédiablement les oreilles de celui qui écoute par un son trop haut qui surgirait brusquement.

Mais il faut pour autant que le/les morceaux gardent leur esprit, et si envolée il doit y avoir, il ne faut pas que celle-ci se retrouve réduite à l’état de petit décollage. C’est donc un art qui s’effectue avec parcimonie, il faut savoir où s’arrêter.

Chaque courant musical sera compressé d’une manière différente, car si pour certains styles, il faut beaucoup compresser (en tout cas, c’est beaucoup compressé), comme la musique électro, pour d’autres, c’est tout l’inverse. Par exemple, en musique classique, l’important est de garder toute l’expressivité, et toute la tonalité et du coup on ne compresse pas beaucoup.

Le compresseur multi bandes

C’est souvent utilisé en série avec le compresseur « normal ». Le compresseur multi bandes va permettre d’agir sur uniquement quelques bandes de fréquences, et va donc permettre de ne compresser que ces dernières. C’est particulièrement pratique, par exemple, pour rattraper certaines erreurs faites plus tôt dans la réalisation.

Le limiteur

Comme son nom l’indique (un peu), le limiteur va permettre de définir le volume général, tout en atténuant les pics sonores. Si c’est trop fort, ça sature, si une piste est deux fois plus forte que la précédente, c’est pénible… C’est la dernière étape de manipulation du son dans le mastering à proprement parler.

L’édition des plages

Quand vous avez effectué tout ça, il va vous rester à décider comment les pistes de votre album s’nechainent. C’est-à-dire, comme nous le disions au début, le temps de pause qui va exister entre chaque morceau. Mais aussi l’entré et la sortie de chacun d’entre eux, c’est-à-dire le fade in et fade out, les fondus.

Quand tout est fait

Quand vous en êtes arrivé là, et que surtout, vous êtes content du résultat, alors votre mastering est terminé. Il ne vous reste plus qu’à exporter les morceaux dans le format et la qualité voulue.

Souvent on utilise un outil de dithering, qui va permettre de passer d’un encodage en 24 bits, qu’on utilise en studio, à un encodage 16 bits, qu’on utilise pour les CD ou pour d’autres formats audios.

Pour conclure

Il est certain que rien ne vous interdit de vous amuser, et de vous exercer au mastering sur vos morceaux, tant que cela reste dans le domaine de l’amateurisme. Mais si le but est la vente, ou que vous prévoyez une utilisation plus professionnelle de vos morceaux finaux, il faudra, soit faire appelle à une personne ayant l’habitude du mastering, soit vous former assez longuement avant.

Le mastering ne s’improvise pas vraiment, et ça peut même être un excellent moyen de détruire un morceau. Bon on travaille en numérique et vous pourrez recommencer, mais un mauvais mastering sur une version finale qui a déjà été distribuée et votre album ne sera plus que l’ombre de lui-même.

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